Sur les 17 500 qui ont transité par votre compte, combien vous revient ?

Un client verse 17 500 AED pour un renouvellement de licence : 12 500 partent au gouvernement, 5 000 constituent les honoraires. Comptabiliser la totalité en produits gonfle le chiffre d'affaires, la case 1 de la déclaration de TVA et le chiffre d'affaires fiscal — et peut faire franchir le seuil d'immatriculation de 375 000 AED avant que l'activité réelle ne l'atteigne. L'argent qui transite par votre compte n'est pas forcément le vôtre.

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Richard Tang
Founder of SnapLedger. Building an all-in-one AI financial back office, in public.
10 août 2026·4 min de lecture

Quand nous avons parlé du seuil d'immatriculation à la TVA aux Émirats la dernière fois, j'ai laissé une question en suspens : l'argent reçu d'un client est-il forcément votre chiffre d'affaires ?

Ce n'est pas une hypothèse. Beaucoup d'amis qui dirigent des agences y sont confrontés chaque jour.

Prenons un exemple. Une agence renouvelle une licence commerciale pour un client, qui verse 17 500 dirhams. Sur cette somme, 12 500 partent directement au gouvernement ; seuls les 5 000 restants constituent les honoraires.

La comptabilisation la plus courante : l'argent est entré, donc les 17 500 sont des produits ; l'argent est sorti, donc les 12 500 sont des charges. Le bénéfice est le même dans les deux cas — quelle différence ?

Une énorme.

Selon le test mandant-mandataire d'IFRS 15, une agence ne peut comptabiliser en produits que ses honoraires — le client est le véritable acheteur de la prestation gouvernementale ; vous n'avez fait que manier l'argent entre les deux.

Selon les règles de TVA des Émirats (clarification publique FTA VATP013), un débours qualifié peut sortir entièrement du champ de la TVA. Les conditions sont précises : le client est le destinataire de la prestation gouvernementale, le montant exact est refacturé, il est détaillé séparément sur la facture, sans aucune marge.

Que se passe-t-il si l'on comptabilise de la façon courante ?

Le chiffre d'affaires est gonflé de 3,5 fois. Les charges sont gonflées. Le chiffre d'affaires de la case 1 de la déclaration de TVA est gonflé. Celui de l'impôt sur les sociétés aussi — une société qui remplit légitimement les conditions du régime de faveur des petites entreprises peut être poussée au-delà du seuil.

Et souvenez-vous de ce que nous avons vu la dernière fois : l'immatriculation obligatoire à la TVA aux Émirats regarde si votre chiffre d'affaires taxable des 12 derniers mois a atteint 375 000 AED. Si les débours de simple transit entrent aussi dans votre chiffre d'affaires, vos comptes peuvent vous faire franchir la ligne alors que votre activité réelle en est loin — vous portez toute la charge de conformité de l'immatriculation avant d'en avoir jamais eu besoin.

Les comptes sont faux, non pas parce que les gens sont négligents, mais parce que la méthode de comptabilisation n'a pas compris la nature de cet argent.

Le traitement correct :

Quand l'argent du client arrive, comptabilisez-le comme argent du client — un passif, pas un produit.

Quand le paiement part au gouvernement, comptabilisez-le comme débours — il solde l'argent du client ; ce n'est pas votre charge et il ne touche pas à la TVA déductible.

Seuls les honoraires sont votre chiffre d'affaires. Les 17 500 se décomposent : 4 761,90 d'honoraires, 238,10 de TVA et 12 500 de débours.

Produits, TVA et impôt sur les sociétés reviennent tous à la taille réelle de l'activité.

Ce type d'activité est plus répandu qu'on ne le croit : sociétés de services PRO, cabinets d'avocats, transitaires en douane, agences de voyage, agences de publicité… toute entreprise qui avance de l'argent pour ses clients et le récupère au prix coûtant fonctionne ainsi.

Si vous dirigez ce type d'entreprise, trois questions méritent d'être vérifiées tout de suite :

Premièrement, dans vos livres, la totalité du versement d'un client est-elle comptabilisée en produits ?

Deuxièmement, dans votre déclaration de TVA, la case 1 inclut-elle des frais gouvernementaux qui n'ont fait que transiter par votre compte ?

Troisièmement, sur vos factures, la partie débours est-elle détaillée séparément, refacturée au prix coûtant, sans marge ?

Si l'une de ces trois vérifications révèle un problème, vos états financiers sont peut-être une taille au-dessus de votre activité réelle — et ce n'est pas qu'une question de présentation. Cela affecte directement votre TVA et votre impôt sur les sociétés.

C'est aussi pourquoi nous prenons les débours au sérieux : dans SnapLedger, l'argent encaissé pour un client est l'argent du client, l'argent payé pour lui est un débours, et seuls vos honoraires sont du chiffre d'affaires. Les comptes doivent refléter la vérité de l'activité, pas l'apparence du relevé bancaire.

Parce qu'au fond, c'est la même phrase :

L'argent reçu d'un client n'est pas forcément votre produit ; l'argent payé depuis votre compte n'est pas forcément votre charge.

Comprenez d'abord ce qui se passe réellement sur le plan économique — la comptabilité suit.

L'idée du jour

L'argent qui transite par votre compte n'est pas forcément votre chiffre d'affaires. Pour une agence, seuls les honoraires sont des produits ; un débours qualifié sort entièrement du champ de la TVA — et comptabiliser en brut peut faire franchir le seuil de 375 000 AED avant que l'activité réelle ne l'atteigne.

Question ouverte

Si votre entreprise encaisse de l'argent pour le compte de clients : quand avez-vous vérifié pour la dernière fois comment ces montants sont comptabilisés ?

L'argent reçu n'est pas forcément un produit. L'argent payé n'est pas forcément votre charge. Demandez d'abord ce qui se passe réellement sur le plan économique — la comptabilité suit.

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